Do, Ré, Mi… L'histoire des notes de musique
Pourquoi les notes de musique s’appellent-elles Do, Ré, Mi… ou A, B, C ?
Découvrez l’histoire fascinante de ces deux systèmes de notation musicale.
Qui ne connaît pas les célèbres « Do, Ré, Mi », immortalisés par Julie Andrews dans le chef-d’œuvre cinématographique de Rodgers et Hammerstein La Mélodie du bonheur ?
Mais vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les notes s’appellent ainsi ? Et pourquoi, dans certains pays, les musiciens parlent plutôt de A, B, C ?
Derrière ces quelques syllabes se cache une histoire vieille de plus de mille ans…
Mais il n’y a pas que trois notes ; il y en a sept :
Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si (ou Ti)
ou
A, B (ou H), C, D, E, F, G
Deux systèmes et deux variantes.
Bien que ces deux systèmes représentent les mêmes sept hauteurs de son, ils sont issus de traditions différentes et sont aujourd’hui utilisés dans des régions distinctes du monde.
1. Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si
En France, nous utilisons « Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si », tout comme en Italie, en Espagne, au Portugal, en Roumanie, en Amérique latine et dans bien d’autres régions du monde.
L’origine de ces noms syllabiques pour les notes de musique est attribuée au moine, théoricien de la musique et pédagogue italien Guido d’Arezzo (né vers 991). C’est lui qui a choisi les syllabes de solmisation ayant évolué vers le système de solfège que nous utilisons aujourd’hui.
Les syllabes originales étaient : Ut, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si. Les six premières sont tirées de la première syllabe de chaque vers de l’hymne latin Ut queant laxis (Hymne à saint Jean-Baptiste).
Ut queant laxis
Resonare fibris,
Mira gestorum
Famuli tuorum,
Solve polluti
Labii reatum,
Sancti Iohannes.
Chacun des six premiers vers de cet hymne commence sur une note située un degré plus haut que celle du vers précédent.
Pourquoi le nom de la note « Ut » a été remplacé par « Do »
Le musicologue italien Giovanni Battista Doni (1593–1647) a remplacé « Ut » par « Do » car il trouvait « Ut » vocalement peu commode. La consonne finale « t » oblige à fermer la bouche, ce qui rend la projection de la voix plus difficile. Il proposa donc « Do », une syllabe plus ouverte et plus facile à chanter. Celle-ci pourrait également avoir été inspirée du mot latin Dominus (« Seigneur »). Une autre explication, plus personnelle, est que Doni aurait simplement choisi la première syllabe de son propre nom.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Si la plupart des pays latins utilisent le système Do-Ré-Mi, d’autres ont conservé une toute autre manière de nommer les notes.
2. A, B, C, D, E, F, G
C’est le système le plus répandu dans les pays anglophones comme les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie, ainsi que dans des pays comme les Pays-Bas.
Le système A H C D E F G est principalement utilisé en Allemagne, en Suède, en Norvège, au Danemark, en Pologne ainsi que dans certains autres pays d’Europe centrale et orientale.
Ce système de notation remonte à l’Antiquité, époque à laquelle Pythagore (né vers 570 av. J.-C.) et Ptolémée (né vers 100 apr. J.-C.) ont élaboré leurs systèmes musicaux ; tous deux sont des figures fondatrices de la théorie musicale grecque antique. S’ils s’accordaient à penser que l’harmonie musicale était régie par les lois des mathématiques, ils ont construit leurs systèmes respectifs en s’appuyant sur des principes, des intervalles et des paramètres mathématiques différents.
L’interversion des lettres « B » et « H » résulte d’un processus complexe d’évolution phonétique et historique qui s’est étendu sur plusieurs siècles.
Cette particularité a même inspiré de grands compositeurs. Jean-Sébastien Bach aimait signer certaines de ses œuvres en glissant le motif musical B-A-C-H : «si♭-la-do-si♮ », rendu possible par la notation allemande.
Que l’on parle de Do, Ré, Mi ou de A, B, C, ce sont toujours les mêmes sept notes. Seuls leurs noms changent… et ils racontent une belle histoire.
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Par Pimm van der Donk
Do, Re, Mi… The Story Behind Musical Notes
Who doesn’t know the famous « Do, Re, Mi », made world-famous by Julie Andrews in Rodgers & Hammerstein’s cinematic masterpiece The Sound of Music?
But have you ever wondered why the musical notes have these names? And why, in some countries, do musicians use A, B, C instead?
Behind these simple syllables lies a fascinating story that stretches back more than a thousand years…
But there are more than 3 notes, there are 7 of them:
Do, Re, Mi, Fa, Sol, La, Si (or Ti)
or
A B (or H) C D E F G
Two systems and two variants.
While both systems represent the same seven pitches, they evolved from different traditions and are now used in distinct parts of the world.
1. Do Re Mi Fa Sol La Si
Here in France, we use Do Re Mi Fa Sol La Si as they do in Italy, Spain, Portugal, Romania, Latin America, and many other parts of the world.
The origin of this syllabic name of the music notes is attributed to the Italian monk, music theorist and pedagogue Guido d’Arezzo (born c. 991), who chose the solmisation syllables that evolved into the system of solfège we use today.
The original syllables were Ut, Re, Mi, Fa, Sol, La and Si. The first six are taken from the opening syllable of each line of the Latin hymn Ut queant laxis (Hymn to Saint John the Baptist).
Ut queant laxis
Resonare fibris,
Mira gestorum
Famuli tuorum,
Solve polluti
Labii reatum,
Sancti Iohannes.
Each of the first six lines of this hymn begins on a note a step higher than the note the previous line began with.
Why the note « Ut » was replaced by « Do »
The Italian musicologist Giovanni Battista Doni (1593–1647) replaced Ut with Do because he considered Ut awkward to sing. The final consonant “t” requires the mouth to close, making it more difficult to project the voice. He therefore introduced Do, a more open syllable that is easier to sing. It may also have been inspired by the Latin word Dominus (« Lord »). Another, more personal explanation is that Doni simply chose the first syllable of his own surname.
But the story doesn’t end there. While most Latin countries use the Do-Re-Mi system, others have retained a completely different way of naming the musical notes.
2. A B C D E F G
This is the system most common in English-speaking countries like the United States, UK, Canada, and Australia, as well as in countries like the Netherlands.
A H C D E F G is primarily used in Germany, Sweden, Norway, Denmark, Poland, and some other Central and Eastern European countries.
This naming system dates back to antiquity, when Pythagoras (born c. 570 bce) and Ptolemy (born c. 100 ce) constructed their musical systems and are the two foundational figures in ancient Greek music theory. Both believed that musical harmony was governed by the laws of mathematics, but they constructed their musical systems using different principles, intervals, and mathematical limits.
The swap of ‘B’ with ‘H’ is the result of a complex process of phonetic and historical evolution that spanned several centuries.
This peculiarity even inspired great composers. Johann Sebastian Bach liked to sign some of his works by incorporating the musical motif B-A-C-H ‘si♭-la-do-si♮’ made possible by the German system of musical notation.
Whether we call them Do, Re, Mi or A, B, C, they are always the same seven notes. Only their names change… and each tells part of a fascinating story.
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By Pimm van der Donk


