Invitation aux voyages : Saint-Saëns et Fauré, une amitié en musique
À l’occasion du concert Invitation aux voyages, découvrez l’amitié qui unit Saint-Saëns et Fauré pendant près de soixante ans, de l’École Niedermeyer au renouveau de la musique française.
Saint-Saëns et Fauré : soixante ans d’amitié musicale
Le dimanche 4 octobre, le Groupe Vocal Arpège donnera un concert à l’église Saint-Pierre de La Sauve-Majeure, dans l’Entre-deux-Mers. Vous avez peut-être déjà lu l’article de notre blog consacré à cet édifice remarquable.
Le programme mettra à l’honneur des œuvres de Camille Saint-Saëns, Gabriel Fauré, Claude Debussy et Henri Duparc, quatre grandes figures du renouveau de la musique française à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.
Parmi ces compositeurs, Saint-Saëns et Fauré ont entretenu pendant près de soixante ans une relation artistique et une amitié exceptionnelles.
Aux sources du renouveau musical français
En 1871, Camille Saint-Saëns et le chanteur Romain Bussine créent la Société nationale de musique, entourés d’un petit groupe de jeunes compositeurs français parmi lesquels figurent notamment Henri Duparc et Gabriel Fauré.
Leur objectif est de favoriser la création et la diffusion d’œuvres nouvelles de compositeurs français, en particulier dans les domaines de la musique instrumentale et de la musique de chambre, alors largement dominés par le répertoire germanique. La Société adopte pour devise *Ars Gallica*, « l’art français ».
Quelques années plus tard, la Société nationale de musique joue également un rôle important dans la reconnaissance de Claude Debussy, dont plusieurs œuvres sont présentées dans le cadre de ses concerts.
Cet article est toutefois consacré à la relation très particulière qui unit Camille Saint-Saëns et Gabriel Fauré pendant près de soixante ans.
De maître à élève
Gabriel Fauré entre à l’École Niedermeyer de Paris à l’âge de neuf ans. Cet établissement réputé est alors spécialisé dans l’enseignement de la musique religieuse et classique.
En 1861, lorsque Camille Saint-Saëns devient son professeur de piano, Fauré est âgé de quinze ou seize ans. Dix années seulement séparent les deux musiciens.
Saint-Saëns fait découvrir à son jeune élève quelques-unes des musiques les plus novatrices de l’époque, notamment les œuvres de Robert Schumann, Franz Liszt et Richard Wagner, qui ne figurent pas encore au programme habituel de l’école.
Lorsque Fauré quitte l’établissement en 1865, Saint-Saëns continue de le soutenir. Il le présente à de nombreux musiciens et personnalités du monde artistique parisien et l’aide à progresser dans sa carrière, notamment en l’introduisant quelques années plus tard à l’église de la Madeleine.
Une amitié de soixante ans
La relation entre le maître et l’élève dépasse rapidement le cadre de l’enseignement. Elle devient une amitié profonde, fondée sur la confiance, l’admiration et une affection que Fauré qualifiera lui-même de presque filiale.
Les deux compositeurs entretiennent également une correspondance nourrie. Quelque 130 lettres échangées entre 1862 et 1920 ont été conservées. Elles offrent un témoignage précieux sur leur amitié, leurs méthodes de travail et leurs réflexions sur les compositeurs de leur temps, mais aussi sur la vie artistique parisienne de la Belle Époque.
Au fil des années, leurs sensibilités musicales évoluent différemment : Saint-Saëns reste profondément attaché aux valeurs esthétiques du XIXe siècle, tandis que Fauré s’engage progressivement dans une voie plus personnelle, tournée vers le XXe siècle. Ces divergences n’altèrent pourtant jamais le respect et l’affection qui les unissent.
Leur amitié, née dans une salle de classe de l’École Niedermeyer, ne prendra fin qu’avec la mort de Camille Saint-Saëns en 1921.
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Saint-Saëns and Fauré: Sixty Years of Musical Friendship
On Sunday 4 October, Groupe Vocal Arpège will give a concert at the Church of Saint-Pierre in La Sauve-Majeure, in the Entre-deux-Mers region. You may already have read the article on our blog devoted to this remarkable building.
The programme will feature works by Camille Saint-Saëns, Gabriel Fauré, Claude Debussy and Henri Duparc, four leading figures in the revival of French music in the late 19th and early 20th centuries.
Among these composers, Saint-Saëns and Fauré shared an exceptional artistic relationship and friendship that lasted for almost sixty years.
The Revival of French Music
In 1871, Camille Saint-Saëns and the singer Romain Bussine founded the Société nationale de musique, supported by a small group of young French composers that included Henri Duparc and Gabriel Fauré.
Their aim was to encourage the composition and performance of new works by French composers, particularly instrumental and chamber music, at a time when the repertoire was largely dominated by the German tradition. The Society adopted the motto Ars Gallica, meaning “French art”.
A few years later, the Société nationale de musique also played an important role in bringing recognition to Claude Debussy, several of whose works were presented at its concerts.
This article, however, focuses on the very special relationship that united Camille Saint-Saëns and Gabriel Fauré for almost sixty years.
From Teacher to Pupil
Gabriel Fauré entered the École Niedermeyer in Paris at the age of nine. This renowned institution specialised in the teaching of sacred and classical music.
In 1861, when Camille Saint-Saëns became his piano teacher, Fauré was fifteen or sixteen years old. Only ten years separated the two musicians.
Saint-Saëns introduced his young pupil to some of the most innovative music of the time, including works by Robert Schumann, Franz Liszt and Richard Wagner, which did not yet feature in the school’s usual curriculum.
When Fauré left the school in 1865, Saint-Saëns continued to support him. He introduced him to numerous musicians and prominent figures in Parisian artistic circles and helped him to advance his career, notably by introducing him to the Church of La Madeleine a few years later.
A Sixty-Year Friendship
The relationship between teacher and pupil soon extended far beyond the classroom. It developed into a deep friendship based on trust, admiration and an affection that Fauré himself would later describe as almost filial.
The two composers also maintained a lively correspondence. Some 130 letters exchanged between 1862 and 1920 have survived. They provide a valuable account of their friendship, their working methods and their thoughts on other composers of their time, as well as artistic life in Paris during the Belle Époque.
Over the years, their musical outlooks developed in different directions. Saint-Saëns remained deeply attached to the aesthetic values of the 19th century, while Fauré gradually followed a more personal path leading towards the 20th century. Yet these differences never diminished the respect and affection they felt for one another.
Their friendship, which began in a classroom at the École Niedermeyer, lasted until Camille Saint-Saëns’s death in 1921.
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