🎼 Série : À la découverte du Requiem de Mozart
Qu’est-ce qu’un Requiem - Partie II
Le requiem en tant que composition musicale trouve son origine dans la messe du même nom de l’Église catholique. Cette messe est célébrée à la mémoire des défunts afin que, selon la doctrine catholique, les prières des vivants accompagnent leur âme vers la vie éternelle.
Du chant grégorien aux premiers requiems polyphoniques
La messe des morts s’est progressivement structurée au cours du Moyen Âge. Pendant plusieurs siècles, ses textes latins étaient chantés selon la tradition grégorienne, sous la forme de mélodies monodiques — c’est-à-dire constituées d’une seule ligne mélodique, chantée à l’unisson.
Le premier requiem polyphonique connu aurait été composé par Guillaume Dufay (vers 1397-1474), compositeur franco-flamand de la première Renaissance. Quelques mois avant sa mort, celui-ci demanda dans son testament qu’une messe de requiem « soit chantée par au moins douze chanteurs expérimentés dans la chapelle Saint-Étienne de Cambrai, le lendemain de ses funérailles ». La partition de ce requiem ne nous est pas parvenue, mais son existence est attestée par le testament de Dufay.
Johannes Ockeghem, un autre compositeur originaire des Pays-Bas bourguignons (vers 1410-1497), composa vers 1470 ce qui est considéré comme le plus ancien requiem polyphonique conservé jusqu’à nos jours. Des dizaines d’autres requiems composés avant 1600 nous sont également parvenus.
Le requiem, une œuvre de commande
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la noblesse et les dignitaires commandèrent de nombreux requiems. Les compositeurs de cour les écrivaient notamment à l’occasion du décès ou de la commémoration d’une personnalité importante. Ces œuvres étaient alors destinées à accompagner les cérémonies funèbres et à honorer la mémoire du défunt.
De l’église à la salle de concert
Plus tard, au XIXe siècle, le requiem connut une nouvelle évolution. Certains compositeurs s’éloignèrent progressivement de la tradition strictement liturgique. La musique devint parfois grandiose, bouleversante et impressionnante : de vastes œuvres réunissant orchestre, chœur et solistes. Les requiems commencèrent alors à être interprétés non seulement dans les églises, mais aussi dans les salles de concert.
Aujourd’hui, des messes de requiem peuvent toujours être célébrées lors de funérailles ou à l’occasion de la Toussaint,, et peuvent également être entendus dans les salles de concert.
C’est dans cette longue tradition que s’inscrit le Requiem de Mozart, composé en 1791. Encore destiné à accompagner la mémoire d’un défunt, il annonce aussi, par sa force dramatique et l’importance donnée au chœur et à l’orchestre, les grandes œuvres de concert du siècle suivant.
Pour savoir pourquoi les compositeurs écrivaient des requiems, rendez-vous sur notre prochain post de blog !
Vous pouvez suivre le Groupe Vocal Arpège de Bordeaux sur Facebook, Instagram et YouTube ou vous abonner à la newsletter depuis notre site internet: Abonnement Newsletter
What Is a Requiem? – Part II
The Requiem as a musical composition has its origins in the Mass of the same name in the Catholic Church. This Mass is celebrated in memory of the dead so that, according to Catholic doctrine, the prayers of the living may accompany their souls towards eternal life.
From Gregorian Chant to the First Polyphonic Requiems
The Mass for the Dead gradually took shape during the Middle Ages. For several centuries, its Latin texts were sung according to the Gregorian tradition, in the form of monodic melodies—that is, a single melodic line sung in unison.
The earliest known polyphonic Requiem is believed to have been composed by Guillaume Dufay (c. 1397–1474), a Franco-Flemish composer of the early Renaissance. A few months before his death, he requested in his will that a Requiem Mass “be sung by at least twelve experienced singers in St Stephen’s Chapel in Cambrai, on the day after his funeral”. The score of this Requiem has not survived, but its existence is attested by Dufay’s will.
Johannes Ockeghem, another composer from the Burgundian Netherlands (c. 1410–1497), composed around 1470 what is considered to be the earliest polyphonic Requiem to have survived to the present day. Dozens of other Requiems composed before 1600 have also come down to us.
The Requiem as a Commissioned Work
In the 17th and 18th centuries, the nobility and other dignitaries commissioned numerous Requiems. Court composers wrote them particularly for the death or commemoration of an important person. These works were intended to accompany funeral ceremonies and honour the memory of the deceased.
From Church to Concert Hall
Later, in the 19th century, the Requiem underwent a further evolution. Some composers gradually moved away from the strictly liturgical tradition. The music sometimes became grand, stirring and impressive, resulting in large-scale works bringing together orchestra, choir and soloists. Requiems then began to be performed not only in churches, but also in concert halls.
Today, Requiem Masses may still be celebrated at funerals or on All Souls’ Day, and Requiem compositions can also be heard in concert halls.
Mozart’s Requiem, composed in 1791, belongs to this long tradition. Although still intended to commemorate the dead, its dramatic power and the importance it gives to the choir and orchestra also foreshadow the great concert works of the following century.
To discover why composers wrote Requiems, look out for our next blog post!
Follow Groupe Vocal Arpège de Bordeaux on Facebook, Instagram and YouTube, or subscribe to our newsletter at https://groupevocalarpege.org/.



